G. Chenevière, la révolution par le management
Le Matin Dimanche
19 juillet 2009
Par Geneviève Morand, CEO de Rezonance.ch
Créer une entreprise à près de 70 ans, est-ce possible? Guillaume Chenevière ne vous dira pas le contraire, lui qui s’est pris au jeu de créer une véritable percée dans le management des médias. On ne présente plus Guillaume Chenevière, ancien directeur de la TSR, une entreprise de 1200 collaborateurs et un budget de 250 millions environ.
A la fin des années 1950, il fait le choix, rare à l’époque, d’étudier la sociologie à l’Université de Genève, une faculté riche de 7 étudiants pour les trois degrés. Lui qui se définit comme un saltimbanque, a en fait réalisé une triple carrière dans les médias, l’industrie et le théâtre.
En 1975, lorsqu’il entre à la TSR, personne ne parle de management, ni d’audience. La télévision est une activité à part. Lorsqu’il la quitte en 2001, il se fait cette promesse de ne plus avoir à s’occuper de management car rien n’est plus ennuyeux. Il écrit un livre, fait une mise en scène, puis on lui propose de reprendre la direction d’une ONG active dans la défense des télévisions de service public. Très vite il élargit la question à comment les médias peuvent-ils rendre service à la société?
Et la réponse s’impose: le véritable problème, c’est la gestion de la qualité. Pour être utile, les médias doivent être mieux gérés. Il crée alors la Fondation Médias et Société, qui est un vrai projet entrepreneurial avec la création du standard qualité ISAS BC/P 9001, dont la pertinence est démontrée sur tous les continents.
En fait, les médias sont devenus leur pire ennemi, rien n’est plus obscur. Soumis à une pression économique sans précédent, beaucoup privilégient leur survie à court terme au détriment des valeurs. Or, pour Chenevière, la seule réponse valable est la transparence. Le meilleur exemple de cette nouvelle attitude? The Guardian, qui a décidé que son service à la société est de changer les comportements en matière de changement climatique. Pour en rendre compte à ses lecteurs, chaque année un auditeur externe vérifie si le journal a bien fait ce qu’il préconise et édite le rapport «Living our own values».
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